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Addiction à internet dans le monde arabo-musulman

Questions et défis
Mamoun Moubarak Dribi
11-05-2017

Tout est lié, notre pensée influence nos états psycho-émotionnelles. Tout autant que l'est, nos propos et nos discours en rapport avec nos faits et nos actes de tout les jours... Tout cela crée une certaine influence voire détermine certains de nos comportements, notamment chez les jeunes et chez les personnes n'ayant pas assez d'esprit critique. Ceci étant qu'est ce qui pourrait être à l'origine de l'addiction à internet dans nos chers contrées arabes, amazigh où règne une certaine manière de vivre et d'être, à la musulmane !! il est important de souligner que pour les américains, ce type d'addiction n'est pas reconnu explicitement en tant que maladie, comme l'aurait souhaité les européens. Le débat au sein de la communauté scientifique, sur cette question est en cours depuis l'édition du DSM-V en 2013 ( Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Je trouve la retenue américaine fort intéressante pour ma part. Elle permet d'élargir la vision quant aux facteurs annexes et connexes qui seraient peut être à l'origine de ce type de trouble.

Pour ma part, je m'attache autant que possible à écouter et à entendre les maux de notre pays ! Car il s'y déroule aussi  les mêmes enjeux qui inquiètent et préoccupent le reste du monde, sous des apparences semblable certes mais surtout polymorphes !! l'angle d'accès à partir duquel je souhaite analyser ce phénomène est le contenu d'un certain discours moralisateur, qui cherche à endiguer ce type de comportement qui ronge de plus en plus de jeunes et détruit de plus en plus de familles. Ce qui à long terme affectera terriblement les fondations de toute la société. L'ardeur de certains prêcheurs musulmans n'est plus à démontrer, ils sont présents partout, à la télé, sur les radios, et surtout sur internet. Les jeunes musulmans en quête d'identité et de repères salvateurs sont à la recherche d'idées, qui leurs permettraient de construire leurs propres opinions. Devant l'avalanche d'une certaine forme de pensée uniquement basé sur le licite et l'illicite, l'esprit de ses jeunes se trouve enfermé dans un mode bi-polaire, où il n'y a que deux possiblités : Bon ou mauvais, juste ou faux, etc... or ce type d'opposition différentielle est essentielle quand il s'agit d'accomplir les actes liturgique. Or dans certains cas, notamment en ce qui concerne l'utilisation d'internet par les jeunes, l'acte en lui même n'est pas illicite, mais l'usage qui est fait du temps. C'est la perte du temps qui fait l'objet de remontrance, et qui s'en trouve visée indirectement dans l'usage excessif d'internet. Mais pour qualifier une action comme faisant perdre du temps, sans avoir au-préalable pu identifier quelle fonction sémantique elle remplit !! c'est courir le risque de la renforcer et de la consolider, tout en la hissant au rang de résistance... il n'est pas inutile de rappeler que dans notre pays, comme dans la plus part des pays musulmans, la notion de plaisir n'existe pas !! il faut enfreindre certaines lignes rouges pour la vivre : alcool, drogue, rapports sexuels hors mariage etc. Ce type de comportements étant impossible pour certains jeunes, qui ne sont ni intégristes ni extrémistes, mais qui aspirent  tout simplement à vivre  leur religion et leurs différences tout en étant ouvert au reste du monde dans le respect de l'autre. Pour ses jeunes les coups fusent de partout, ceux qui leurs font la morale en criant à tue tête, distillant tantôt de la crainte, de la peur ou de terribles sentiments de culpabilité. N'oubliant pas que le plus terrible des coups pour un jeune, demeure le jugement négatif par soi même,et la peur d'être indigne. Par ailleurs la fougue enivrante de la jeunesse pousse vers la quête du plaisir, un plaisir acceptable pour leur morale. Mais il n'y a presque rien, à part le foot, les voitures, et les films !! Reste alors internet... où l'on peut rester chez soi, en affichant une image rassurante pour les parents. Mais en réalité, le jeune n'est plus dedans, il est en dehors. Son droit au bonheur le plus commun n'est pas réalisé, alors il se repli vers la consommation des images et des vidéos. Les échanges frénétiques ne sont pas là uniquement pour témoigner de l'ardeur de son énergie, mais ils servent aussi d'évacuateurs de sa rage et de sa détestation envers une société qui ne lui offre que de maigres choix !! La solution ne réside pas uniquement dans le travail avec eux, pour changer le rapport à internet. Il faut aussi aller déchiffrer le contenu sémantique que représente leur addiction à internet... vous verrez cela a un certain rapport avec l'immunité intellectuel et psycho-émotionnelle, qui se conjugue sous un certain référentiel arabo-amazigh et musulman ouvert sur le monde, humaniste, et si paisible dans sa différente et sa vérité.