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Des enfants gâtés dites vous...

Pensées universelles
Mamoun Moubarak Dribi
11-05-2017

Françoise Dolto avait pour habitude de raconter de véritables histoires pour étayer ses propos, notamment sur les effets du langage sur l'enfant. Dans ce sens elle raconte l'histoire de cette petite fille qui jouait dans la cour de leur maison. La petite fille se préparait à entrer à l'école primaire ! Elle se sentait grande, elle avait envie de connaître l'école des grandes personnes !! Arrive un oncle à la maison, qui lance à la petite : « fini de jouer maintenant, c'est la grande école, c'est du sérieux, tu sais... ». La petite fille perd soudainement tout son éclat ! Finie la joie. Cet adulte aurait pu accueillir autrement cet événement... mais son discours a tranché comme une lame, dans l'âme de cet enfant ! C'est ce qui a fait dire à Lacan : « l'inconscient c'est le discours de l'autre... ». Cela a eu pour effet d'aliéner l'enfant en lui transférant le fond de la pensée de son oncle : à savoir sa mauvaise expérience à lui avec l'école ! Ses mauvais souvenirs, ses peurs ou ses cauchemars!  Donner son avis, dire ce que l'on pense à l'autre, surtout aux jeunes n'est pas une mince affaire ! Ça peut être extrêmement ravageur. C'est comme, quand on dit : « celui là, c'est un enfant gâté... » ça ne veut pas dire qu'il n'y en est pas ! Un enfant roi, un enfant tyrannique, ou un autre envahissant et sans limite, ça existe ! Mais tout les enfants ne sont pas comme ça heureusement. Car le souci premier de tout les parents de nos jours, demeure le bien être des enfants. Nous autres, ceux de la génération 60 et 70, avons était élevé à la dure, non pas par choix mais par nécessité ! Issus en grande majorité de famille nombreuse, ayant grandi parmi les grands parents, les tantes et les oncles... il en fallait de la poigne pour mener tout ce beau monde. Les temps étaient durs et les moyens de subsistance étaient trop modeste. Mais aujourd'hui ce n'est plus le cas, les conditions de vie se sont beaucoup amélioré. Mais certaines mentalités n'ont pas su s'adapter. Il y a ceux qui gardent l'angoisse du passé! Ils non pas réussit  à oublier ni à dépasser les séquelles vécues. Alors ils maintiennent une certaine pression psychologique sur leurs enfants comme s'ils devaient les préparer à un malheur certain !! les remontrances interminables, du style : «on doit finir son assiette ! On ne gaspille pas la nourriture ! Le chocolat c'est pour les bras cassés ! Mange de l'huile d'olive c'est bon pour la santé... ». D'autres parents par contre ont érigé le plaisir comme une vérité absolue. Ils tiennent un discours qui ressasse sans cesse qu'ils ont était privé de tout, mais que rien ne doit manquer à leurs enfants. Sans toutefois se rendre compte qu'ils attendent de leurs enfants toujours plus, réussir plus, étudier plus, être comme les enfants des autres ! Être mieux que tout les autres... c'est alors le retour de l'angoisse et de la culpabilité. Dire à un enfant je t'offre tout mais tu dois être comme ceci ou comme cela !! l'empêche d'être lui même, et lui rend difficile voire compliquée de trouver sa voie et son équilibre psycho-émotionnel. Quand on entend par ci ou par là : «  cet enfant est gâté... » il faut qu'on fasse attention à ce que l'on dit, surtout quand on est enseignant ou voisin ; nous sommes aussi des tenants lieux. Un adulte qui a une fonction, peut infléchir par son discours la structure psychique d'un enfant ou d'un jeune. Personnellement, je ne trouve pas les jeunes d'aujourd'hui gâté, ils sont bons et sensible, ils ont une âme solidaire et généreuse ! Je reçois chaque jour des centaines d’émail envoyés par des enfants de 12 ans et plus, qui me demandent mon avis sur des propos similaire tenus par des adultes de leurs entourage... cela a pour effet de créer un gap énorme entre les enfants et les autres adultes ! Il faut qu'on demeure vigilent à ne pas leur empoisonner la vie, par des propos absurde dénués de toute vérité. Nos enfants ont des moyens à leurs dispositions, mais ils ont aussi d'autres défis plus contraignant. La question à laquelle ils sont confrontés concernent le sens des choses ! Cela implique plus de connaissances de notre référentiel arabo-musulman empreint de notre belle culture amazigh. Le bien être est essentiel, car il rend l'âme douce et paisible. Sans toutefois pervertir l'enfant et le faire sombrer dans la culture frénétique de la consommation. La structuration est essentielle à ce niveau là, elle permet des ouvertures et non des fermetures. Préserver la capacité désirante de l'enfant, est capital. Un enfant qui désire, c'est un enfant qui vit ! La volonté, le courage, le travail et l'endurance se nourrissent tous du désir. L'empathie elle même a besoin de désir, c'est de là que prend racine l'intelligence émotionnelle, force ultime de toutes les autres formes d'intelligences.