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L'amour ce grand titre, comment se réalise t il entre la femme et l'homme

Questions et défis
Mamoun Moubarak Dribi
11-05-2017

Le désir humain est structuré autour du manque, même quand on a presque tout on a l'impression de manquer de quelque chose. Il y a ce trou là au fond de soi qui tenaille toujours, qui serre et resserre de plus en plus fort. Alors on varie les choses de la vie, on s'émancipe et on se disperse essayant peut-être d'avoir une ou plusieurs accroches, qui sait on pourrait trouver ce quelque chose qui serait ce qui nous manque. Mais hélas rien n'y fait, c'est toujours la même impression qui dure et qui fait mal...

La culture de la réussite vient envenimer les choses et les compliquer encore un peu plus : « on nous a toujours appris, que la vie appartient aux gagnants !! ». Je veux bien le croire, mais l'échec n'est pas tout aussi utile ? Il nous apprend quant à lui l'acceptation de certaines limites, tout ne peut pas être accessible à tout le monde est au même moment, si non la vie serait très ennuyeuse. Mais la vie nous rend obsessionnelle bon gré ou malgré ! Angoissé que nous sommes, dès qu'il y a un enjeu psycho-émotionnelle, alors on fait une fixation absolue sur l'objectif, et plus rien ne compte sauf l'aboutissement de la relation. Car on a cru depuis toujours, qu'une personne soulage la douleur du manque. Quand on était bébé, notre maman venait nous prendre dans ses bras pour nous donner le sein, sentir ce bon lait chaud là dans son petit ventre remplissait l'âme de quiétude. Mais en grandissant ce sens a subit un truchement, la femme nourricière est progressivement remplacée par  la femme qui procure la jouissance sexuelle ! Mais le sens inconscient demeure encore est toujours : « la femme procure bien être est quiétude... » cette certitude est à l'origine de toutes les failles dans le projet de construction et de réalisation de l'amour au sein du couple ! Car nul être humain ne pourra vous combler, c'est une illusion certes utile que de le croire, mais espérer le vivre c'est impossible. Car ayant longtemps cru qu'a chaque manque il y avait un objet compensateur : la soif est étanché par l'eau, la faim est rassasié par le pain, la fatigue est soulagé par le sommeil etc... nombreux sont ceux et celles qui croient que le mal être pourrait être être comblé par un autre être ? Non et c'est tant mieux, au maximum l'autre ne pourra que nous aider à atténuer les effets du manque. Mais alors pourquoi se marier ? Le mariage joue ici le rôle de stabilisateur, il est le garant contre la folie furieuse des excès ! Ainsi si l'autre part sans crier gare, l'autre conjoint pourra saisir la justice (voyer le truchement!!) qui à son tout ce saisira du pauvre malheureux qui a voulu tourner la page d'une rencontre, d'une nuit ou d'un été. Il devra maintenant en répondre... Le mariage véhicule une certaine idée rassurante, comme quoi votre union va durer pour toujours ! C'est beau la fiction, n'est ce pas. Réussir en amour, c'est accepter l'idée de manquer comme élément constituant du bonheur véritable. Mais cette acceptation devra alors endurer les épreuves terribles mais si salvatrices du réel. Combien de couples se sont brisé sur l'usure de la vie quotidienne, alors on parle de perte de désir, de laisser aller de l'un ou l'autre à d'autres priorités que celle d'entretenir la flamme fragile et délicate du désir ! Peut être, mais il y ici deux faits essentiels : l'un est d'ordre sémantique, l'autre permet d'introduire une certaine idée du sevrage d'ordre symbolique. A travers les peines du quotidien l'aspect sémantique s'ajuste : il concerne le sens que l'on a donné à notre union, un sens qui devra évoluer tout en gardant une certaine trame. Ainsi le sens du temps de l'euphorie et des rêves, n'est pas celui de l'articulation des fonctions d'époux et d'épouse, il n'est pas non plus celui de fonction de père et de mère... faire bouger les choses au niveau du sens rend possible l'actualisation de notre rapport à la réalité. L'aspect du sevrage symbolique est infiniment utile, car le fantasme va servir d’échappatoire à la bévue du manque ! En effet la réalité d'être comblé par l'autre subit un traumatisme. Comment faire alors ? Certains prennent des maîtresses, ou se mettent avec des amants !! d'autres boivent à perdre la tête, et vivent tout les excès ! Là où certains prennent les enfants comme un relais juste et véritable pour incarner ce qui n'a pas pu advenir dans notre couple. L'enfant est ici dépossédé de son avenir, car il représente les ratages de son père ou de sa mère, et le doux rêve d'une possible réalisation qu'il aura pris à son propre compte : c'est cela l'aliénation. Alors vous voulez toujours réussir en amour ? C'est possible en effet, mais à condition de voir autrement les choses : ce qui nous manque est en fait le titre de l'endroit où l'on devra créer par notre intellect et notre pensée aussi modeste soit elle. Vous verrez alors, plus jamais vous n'aurez cette impression de manque car un rien vous comble.