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Les troubles alimentaires chez les jeunes

Pensées universelles
Mamoun Moubarak Dribi
11-05-2017

L'objectif de cet article est d'apporter certains éclairages sur les angles morts au niveau d'une certaine idée autour de la nourriture, et des troubles qui gravitent autour de cette notion et de l'apport qu'elle constitue pour le corps humain. Parmi les cinq sens que nous avons la bouche est le seul sens qui a trois fonctions chez l'enfant : celle d'absorber la nourriture, celle de savourer  et d'apprécier du goût et surtout celle de saisir les choses et les objets de la vie !! progressivement le bébé va renoncer à saisir par sa bouche, au profit de ses mains. Mais il est essentiel qu'il est saisi  le sens de cet acte (celui de saisir par la bouche) en rapport avec la nourriture : celui d'apprendre les goûts et les couleurs olfactives qui apportent le bonheur, signifiant que l'autre (ma mère, mon père, ma famille) m'aime. Cet aspect est essentielle dans la vie humaine, il permet d'inscrire très tôt le bébé dans une dimension de plaisir et de bonheur. Mais pour se faire il est essentiel que la maman l'ai perçut en tant que tel pour elle même d'abord ?? bien souvent les parents n'ont d'autres repères vis à vis de la santé de leurs enfants que quand ils mangent bien !! « ah, il a bien mangé, il a tout fini !! » être grassouillet, potelé, est un signe extérieur de richesse !! mais c'est aussi une fixation, qui peut faire perdre le sens véritable à la nourriture, celui d'apporter du sens en relation avec le plaisir. N'oublions pas que les petits enfants ont un odorat très développé, avoir du nez aide à développer le goût ! De même que la qualité picturale d'une préparation culinaire, qui est tout aussi essentielle. En effet un bébé assis dans un tabouret auprès de sa maman qui lui prépare de quoi manger, acquiert là aussi un certain rapport à la dimension du plaisir culinaire. Il apprécie les couleurs, il est intrigué et curieux des formes et des dimensions... l’ouïe joue aussi de sa note, la voix chaleureuse de sa maman paisible, qui le regarde et fredonne un air joyeux. Il ne faut pas préparer de la pâtée à la va vite, ni sombrer dans l'obsession d'une cuisine gastronomique. L'art au quotidien est une question culturelle, où l'on met de la beauté dans tout les actes de la vie quotidienne. Pour se faire on leur consacre du temps et du bon vouloir, tout en regardant les autres, ceux et celles qui ont su préserver cette richesse pour apprendre d'eux, dans une relation d’échange et de modestie, un acte simple, généreux mais tellement puissant. Les sens de l'enfant sont en éveille, la bouche en attente, le goût exalté, c'est tout son être qui est enchanté. Se nourrir devient ici du bonheur, c'est un geste d'amour tout aussi intense qu'une étreinte ou un baiser. Et cet amour s'inscrit dans le corps, et la chair le porte en elle pour le garder et le préserver. Mais tout cela doit être fait avec retenue. Là aussi c'est tout un art, cela consiste à refuser certaines demandes à l'enfant. Le plaisir est essentiel certes, mais il peut pervertir le rapport au réel. Le plaisir est aussi dans le sens que l'on donne aux choses de la vie, et pas uniquement à leurs contenu. Une soupe aux lentilles peut procurer le même bonheur qu'une tranche de saumon... de cette retenue va faire naître l'acceptation de la frustration, qui va activer l'initialisation du système immunitaire psychique (excuser l'empreint au langage informatique!!). Ce processus est fondamental dans l'équilibre psycho-émotionnel, il rend possible le fait de dire Non, il permet à l'enfant de mettre en œuvre sa personnalité, de l'affirmer sans s'obstiner dans une opposition aveugle et sans issue. Il peut alors accepter de céder du terrain sur certaines de ses positions, où tout s'énoncent par les mots, au delà de la rivalité avec l'autre, et d'un certain rapport sadique gagnant perdant. L'échange prend ici une dimension de bonheur bien, loin de la simple satisfaction égocentrique axé sur son nombril comme étant le centre du monde.  Les troubles alimentaires chez les jeunes, montrent avant tout la perte d'un certain sens en rapport avec la nourriture, perçu comme continuité de l'autre, cet autre que je refuse de reconnaître car ne l'ayant, peut être  pas, tout simplement connu !! la connaissance passe ici par une ou plusieurs inscriptions, comme celle que j'ai développé en début de cet article : celle d’élever et d'éduquer au bon goût des choses de la vie !! Pour s'en sortir il nous reste la structuration, qui doit débuter d'abord et avant tout passer par la diffusion d'un certain savoir axé sur l'humain. Pour se faire il faudra écouter énormément l'autre pour parvenir à entendre ce qui a raté, ce qui a manqué et surtout sur quoi il y a achoppement. Ce qui rendra possible le lien, de manière intermittente au début. Mais c'est déjà une réussite, qu'il faudra utiliser pour apprivoiser le goût, et éveiller les sens, pour rendre possible à nouveau la curiosité, l'échange, le partage et surtout du bonheur.