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L'estime de soi chez les ados et les jeunes adultes

Pensées universelles
Mamoun Moubarak Dribi
11-05-2017

L'enfant a besoin d'un attachement sécurisé avec ses parents, cela lui permet de se sentir aimé et apaisé. l'enfance est centré sur le regard, la présence d'un adulte aimant, permet le bon déploiement de ses capacités dans des activités structuré et ludique... presque tout le capital émotionnel est affectif prend son départ durant cette période,  rendant possible et facile l'estime de soi, à travers un regard équilibré et sain. L'enfant apprécie son corps et son esprit, l'image qui l'a de lui-même ne dépend plus uniquement du regard et de la présence de ses parents. Il est en mesure d'intérioriser cette dimension pour en prendre partiellement le relais. S'aimer soi-même est une bonne chose, sans pour autant tomber dans la caricature de s'auto mirer, au risque d'enclencher certains processus de régression activant ainsi la structure égocentrique ! L'estimation de soi grandit avec l'enfant, qui atteignant l'âge de l'adolescence va subir d'autres contraintes psychosociales qui vont soit renforcer cette estime soit l'altérer de manière significative. Certaines études ont démontré une relation directe entre la consommation de drogue, la pratique d'une sexualité de manière dépravée, voire même dans certains cas l'apparition de troubles de comportements et de conduites, et le manque de l'estime de soi. Aussi étonnant soit-il, les adolescents et les jeunes adultes n'ont plus les mêmes centres d'intérêts que quand ils étaient enfants ! Ainsi, la psychologue Ilona Boniwell rappelle dans Le Figaro combien « l'estime de soi authentique repose sur l'acceptation de soi, avec une appréciation précise de ses forces, de sa valeur et le fait de se sentir capable de faire face aux défis inévitables de la vie ». Une recherche  internationales ayant porté sur le suivi de plus de 5000 adolescents et jeunes adultes, répartis sur 19 pays a permis de nuancer l'aspect « autocentré » pris jusqu'alors en considération par les psychologues qui prenaient en charge des jeunes souffrant d'addiction ou d'échec scolaire. L'étude a était mené sur une période allant de 2008 à 2014, les résultats ont pu mettre en évidence deux aspects presque inconnu par les chercheurs en rapport avec l'estime de soi. D'une part les jeunes qui ont participé à ce travail fondent leur estime de soi non pas sur leurs valeurs personnelles, mais sur le fait de se réaliser dans les valeurs dominantes de leurs environnement culturel ! Certains points communs à toutes les cultures ont été mis en évidence, comme celui de remplir son devoir, d'aider son prochain, d'améliorer son statut social et de maîtriser le cours de sa vie ! Avec une certaine nuance tout de même entre les participants issus d'Europe et d'Amérique du sud qui mettent l'accent sur le fait de vouloir « contrôler le cours de leurs vies » et ceux issus du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie qui demeurent très attaché aux traditions, exprimant quant à eux un intérêt probant pour : « faire leur devoir ». si les résultats de cette grande étude font débat parmi la communauté scientifique, certains considèrent tout de même très intéressant les tendances qu'elle a pu mettre à jour dans la compréhension des processus participant à la construction de l'identité chez les jeunes. A l'heure ou de plus en plus de personnes sombrent dans le fanatisme de tout genre. Le rôle des parents apparaît comme essentiel voire déterminant dans l'échec ou la réussite de l'estime de soi, à travers les valeurs morales, intellectuelles et tout simplement humaines qu'ils vont incarner dans leurs vies de tous les jours. Les jeunes sont très sensibles vis à vis de leurs entourage familiale et sociale, ils rejettent tout ce qui peut comporter du faux semblant ou des contradictions. Leur sentiment d'appartenance peut s'en trouver terriblement affecté si on leurs tient un discours moralisateur, qui renvoi à des figures historiques comportant un idéal pour soi ! Sans toutefois s'attaquer aux causes qui font l'injustice sociale ou la difficulté d'accès à l'emploi, etc. Il est essentiel que tous, intellectuels et responsables politiques réfléchissons sérieusement aux enjeux que constituent l’attrait de plus en plus accrue de nos jeunes vers l'immigration vers les pays d'Europe ! Et cette question délicate de l'estime de soi chez les adolescents et les jeunes adultes. Nous devons dépasser les clivages pour débattre ouvertement et de manière sincère sur le modèle que nous voulons proposer à ses jeunes en termes d'identité, qui puisse répondre à leurs aspirations d'incarner des valeurs ancestrales auxquels ils sont attachés, sans toutefois se voir manipuler et perdre en terme de justice, de développement, d'équité et d'humanisme universel.