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Rompre ou résoudre

Questions et défis
Mamoun Moubarak Dribi
11-05-2017

Savoir dérouler un problème qui dure dans le temps, serait-ce une capacité en voie de disparition ? La patience est la mère des vertus !! bien beau proverbe allemand, n'est-ce pas ? Oui mais quelle patience ? Surtout pas cette manière d'encaisser sans réagir, d'accepter l’échec, la défaite et la douleur... de se morfondre continuellement sur son sort et sa mauvaise fortune. Non la patience ce n'est pas du tout cela ! Elle consiste en une approche optimiste, vis à vis de la dure réalité dans laquelle on est. Avec une quasi-certitude que tout finira par changer. Les problèmes ont toujours une fonction. Si elle est difficile d'accès (la fonction du problème) elle finira par apparaître avec le temps. Je me rappelle encore et toujours l'histoire de ce jeune médecin interne venu me voir, en plein crise de nerfs !! la cause était les mauvais traitements dont il faisait l'objet, et ce de manière injustifiée de la part de ses professeurs en médecine. Quelques années plus tard, alors qu'il accompagnait une ONG en Syrie pour porter secours aux réfugié, leur campement fut l'objet de bombardements, la plupart du corps soignant pris la fuite, laissant à l’abondant les malades et les blessés à leurs tristes sorts, sans compter les équipements et le matériel médical. Il fut l'un des rares médecins à ne pas avoir pris la fuite. Il m'avoua : « je ne sais pas comment j'ai fait pour réagir ainsi ? Pourtant je ne suis pas du genre courageux ! ». Mais de réflexion en réflexion, il me cita ce très beau proverbe : « A toute chose, malheur est bon... ». Tout ému, il eut une belle pensée pour ses professeurs émérites en médecine, qui l'ont bien formé, bon gré mal gré leurs durs et difficiles tempérament, cela lui a permis de sauver des vies par temps de guerre. Jamais, me disait-il je n'y serais parvenu sans ce baptême de feu. Comme je vous l'indiquais, chaque problème nous apporte une préparation préalable, ce prérequis essentiel, à un futur proche. Il instaure les changements nécessaires en savoir-faire et en savoir être ! L'avenir réussit toujours à qui sait s'y préparer. Lors de mes conférences on me demande la plupart du temps, quels sont les causes à autant de violences dans notre société, Pourquoi des enfants en bas âges, se feraient il exploser dans un pays qui n'est pas en guerre ? Ma réponse est toujours la même : « tout se structure et se-déstructure au sein de la famille ». L'angle à partir duquel j'introduis mon analyse, concerne les constructions des mentalités. Cette manière de faire qui va conditionner l'agir chez l'autre plus tard. Nos sociétés modernes ont réussi à apporter plus de confort et de biens êtres. Malgré les difficultés qu'ont certaines familles, on ne meurt plus ni de faim ni de tuberculose de nos jours. Tout un chacun dispose d'un téléphone portable et regarde le soir les chaînes satellitaires de son choix. Mais il y a quelque chose de terrible qui s'est installé dans nos famille, une manière d'être basé sur l'immédiateté à résoudre les problèmes. Surtout quand il s'agit de difficultés relationnelles ou scolaire. C'est la débandade assurée, tous seront focalisé sur le problème, on va en parler jour et nuit, plus rien ne compte, il n'y a que ça !! un passage en force, risque de briser et de tout casser. Mais qu'importe, certaines gens n'ont plus cette vertu d'apprécier leurs problèmes. Qui si on les écoutait avec calme et attention, nous diraient que nous faisons fausse route. Que nous employons les mauvaises manières, et que nous faisons peut être de mauvais choix.   Mais rassuré de savoir penser, car usant de méthodologies organisationnelles, quand bien souvent il n'est question que de structures obsessionnelles !!  (bien souvent c'est du copier/coller opéré par mimétisme de ce qui passe à la télé ou en société). Produisant par ci et par là de légers flashs intellectuels, les pensées sont produites par intervalle intermittentes. Incapable de produire un continuum informationnel, unique voie pour cerner un fait humain, qui de nature demeure complexe et compliqué. Alors on opère par dichotomie, là où il faut analyser l'ensemble dans une dimension de corpus. Saturé, agacé, énervé, de ne pas parvenir à résoudre ces problèmes qui résistent, c'est alors la rupture. Combien de familles n'ont-elles pas fini par éclater. Combien de jeunes n'ont ils pas sombrer dans des maladies psychiques ou mentales ! Combien se sont perdus dans les aléas de la drogue... quand on voit comment certaines écoles privées traitent des enfants en difficulté scolaire, qui risquent d’entacher leurs résultats de fin d'année ! Tout est résolu par l'exclusion. Quand on voit comment nos universités traitent des étudiant ayant un baccalauréat de plus de 4 ans !! l'exclusion. Et la liste est longue. Rompre ou résoudre, voilà notre manière de faire aujourd'hui au Maroc. Certes tout n'est pas aussi mal heureusement, mais les métastases se répandent déjà un peu partout au risque de voir des tumeurs intraitables.